Suicides : les policiers poussés à bout
Envoyer à un ami Imprimer Réagir | Partager Partager
Suite au suicide d’un policier de la PJ à Paris lundi, GazetteInfo fait le point sur ce phénomène récurrent avec Frédéric Paillard, représentant régional du syndicat de police Alliance.
« On va dire que ça en fait un de plus… » Frédéric Paillard livre une première réaction fataliste au moment d’apprendre le suicide d’un policier de la police judiciaire de Paris lundi sur son lieu de travail et à l’aide de son arme de service. « C’est dramatique. Le fait que cela se passe sur le lieu de travail, ça laisse des traces indélébiles. On le prend comme quelque chose qui s’est passé dans la famille » explique le représentant régional du syndicat de police Alliance. Comme souvent, l’invocation de la raison personnelle est de mise. Un moyen de se dédouaner ? « Quand ça ne va pas au travail, cela rejaillit automatiquement sur la sphère familiale. C’est plus facile de dire que c’est pour raisons personnelles. Ils sont confrontés à des scènes de violence et des situations assez particulières et troublantes. Donc forcément, quand le collègue rentre à la maison, il n’y a pas forcément de coupure qui se fait. Toutes les contrariétés qui peuvent apparaître font qu’il puisse péter les plombs… »
Mauvaises conditions de travail, stress
et manque de considération
Souvent mal considéré par les citoyens, le positionnement du policier dans la société est particulier. « C’est vrai, il existe un manque de reconnaissance et une défiance d’une partie de la population. On est vu soit comme l’ennemi, soit comme l’empêcheur de tourner en rond ou encore comme le justicier. Quand un collègue a un problème, on n’hésite pas à parler de bavure… » Le malaise est profond et le nombre de suicides restent élevé au sein de la police nationale. Une cinquantaine en 2009, bien loin des 70 suicides de l’année noire 1996. Mais on reste tout de même à une fréquence d’un suicide par semaine.
PS : Peu après notre entretien avec Frédéric Paillard, nous apprenions qu’une gardien de la paix de Montpellier s’était suicidée à son domicile à l’aide de son arme de service.


















Juste pour mémoire : chez les agriculteurs, c’est un suicide par jour et tout le monde s’en fout.