Olivier Krumbholz : « Le public dijonnais a envie de s’enflammer »
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Olivier Krumbholz, sélectionneur de l'équipe de France de handball
Avant le match amical France-Russie mardi soir (20h) au palais des sports de Dijon, Olivier Krumbholz revient sur la préparation ratée de ses joueuses et sur l’échéance des championnats d’Europe qui auront lieu du 7 au 19 décembre 2010.
GazetteINFO.fr : L’équipe de France n’a pas vécu une préparation très simple avec deux défaites au tournoi de Paris. Vous restez confiant ?
Olivier Krumbholz : La confiance est là même si nous sommes tout de même touchés d’avoir perdu les deux premiers matchs amicaux à Paris. Déçus de notre deuxième mi-temps contre la Croatie. On sait que cette équipe peut faire de belles choses, comme elle l’a fait en Chine. Mais c’est très inconstant. On se bat et on essaye d’améliorer un maximum de points en un minimum de temps. Pour l’instant, nous sommes très loin de ce que les filles peuvent produire.
Quels sont les manques dans cette équipe de France ?
C’est par moment un manque de confiance, ou un manque de concentration… Après elles sont en difficulté, elles doutent… C’est très complexe. L’opposition est également de plus en plus relevée. Depuis dix ans, je vois des pays comme la Roumanie ou la Russie qui se sont restructurés, des pays émergents comme le Monténégro. L’équipe est jeune… Elle peut très bien jouer pendant dix minutes et se mettre à délirer pendant un quart d’heure. Il faut arriver à la fois à se discipliner et à se lâcher.
« La Russie ? Une saveur particulière »
Débuter face à la Norvège, ce n’est pas un cadeau…
C’est très difficile, surtout que le lendemain, nous jouons la Hongrie moins de 24 heures après. Il est fort probable que l’équipe de France perde contre la Norvège, donc il faudra absolument faire un bon résultat contre la Hongrie. C’est cet enchaînement de deux matchs qui est compliqué. Il ne faudra pas être impacté physiquement donc il va falloir la jouer serrée. On tentera notre chance à fond mais avec intelligence.
Le match amical contre la Russie, championne du monde en titre (la Russie avait battu la France en 2009), sera un test grandeur nature… Peu importe le résultat ?
En préparation, plus une équipe perd, plus elle a besoin de gagner. Ce match, pour nous, a une saveur particulière car c’est une grande équipe, championne du monde qui nous a battus en finale. On aimerait sortir d’une note positive. J’aimerais que mes joueuses fassent un grand match au niveau de l’envie et de l’enthousiasme. Il faudra être au diapason avec le public de Dijon qui a envie de s’enflammer.
Dans ce type de compétition, sur quoi ce joue la victoire finale ?
Ca se joue sur le physique, le mental, la tactique… Bien évidemment beaucoup sur le mental et le physique. Les matchs s’enchaînent rapidement donc c’est souvent très tendu. On sait que l’équipe de France est loin de figurer parmi les meilleures sur le plan de la technique individuelle. Par contre, physiquement et défensivement, quand cette équipe joue son meilleur handball, elle peut élever son niveau au point de battre presque n’importe qui…
« La Norvège n’est pas intouchable »
Votre statut de vice champion du monde peut-il vous jouer des tours ?
J’ai l’impression que ce n’est pas facile à gérer. Plus j’avance dans ma carrière, plus j’en suis persuadé. Elles ont accédé à un résultat exceptionnel, à une certaine notoriété. Aujourd’hui, elles sont peut-être un peu perdues. Elles ont besoin de retrouver cette extrême agressivité de celui qui n’a rien et qui veut beaucoup.
Dans votre poule de l’Euro, la Norvège, chez elle, semble intouchable… A quoi doit-on s’attendre avec les autres formations ?
La Hongrie est une très bonne équipe avec un handball élaboré, classique mais avec des filles de haut niveau. Il faudra s’attendre à un match aux couteaux avec deux joueuses extraordinaires, une au gardien et l’autre en tant que meneuse. Le handball hongrois possède de gros moyens, un gros championnat. C’est un sport majeur là-bas. La Slovénie possède une bonne tradition du handball, de bonnes joueuses. Mais je pense quand même qu’elles sont moins fortes car moins complète. Quant à la Norvège, elle n’est pas intouchable. Quand une équipe joue bien en face, il est possible de la battre. Les Norvégiennes ont une grande intelligence collective, elles sont très fortes en contre attaque, elles courent beaucoup… Est-ce que la France, avec ses systèmes défensifs très originaux, peut battre la Norvège ? Oui je le pense !


















Allez les filles. Le palais sera derrière vous