Politique

Roland Essayan (Alliance Ecologiste) : « Une trahison des Verts »

Mardi 01 mar 2011 à 14:03 | Par Aurélien Gaudriot
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Lors des prochaines élections cantonales de Côte-d’Or, l’Alliance Ecologiste Indépendante présente cinq candidatures et se démarque ainsi d’Europe Ecologie – Les Verts. Roland Essayan, candidat dans le canton de Fontaine-les-Dijon, nous éclaire sur la position de l’Alliance Ecologiste.

  

GazetteINFO.fr : Quelle est la position de l’Alliance Ecologiste Indépendante sur l’échiquier politique ?

 Roland Essayan : Nous sommes des écologistes mais ni de droite ni de gauche. Nous sommes proches des idées des Verts, mais on ne veut pas être affiliés aux socialistes, pas  plus qu’à la droite. Nous sommes plus radicaux que les Verts en écologie.

  

Vous dites que « les écologistes de l’Alliance Ecologiste ne sont pas le « green washing » (teinture en vert) du PS ou de l’UMP ». Pouvez-vous nous éclairer ?

Actuellement, c’est très à la mode de parler d’écologie. Tout le monde se rend compte, consciemment ou inconsciemment, que la planète va de plus en plus mal et que nous arrivons aux limites de nos ressources. La crise économique a peut-être été le déclencheur de cette prise de conscience. Nous pensons que la métamorphose des habitudes de la population doit commencer au niveau local. Ce n’est pas l’homme politique lui-même qui va changer les choses car il est sous la pression des grands groupes financiers, qu’il soit de droite ou de gauche. Je ne dis pas que tous les politiques sont des « pourris », mais ils sont tous plus ou moins sous influence, donc le changement doit venir de la base, c’est-à-dire par l’échelon cantonal local citoyen. Nous pensons donc qu’il faut aller beaucoup plus loin dans le changement des comportements humains vis-à-vis de l’écologie.

 

« Arrêter les dépenses de prestige »

  

Quelles sont les grandes lignes de votre programme pour les cantonales ?

Malheureusement, nous sommes sous la contrainte des pouvoirs des conseils généraux. On ne peut donc pas faire un programme à l’échelle nationale. Nous voulons arrêter les dépenses de prestige, comme Alésia ou les deux fois deux voies, le bétonnage et l’idée de croissance à tout va, par exemple l’aéroport de Longvic. L’idée de croissance économique et idéologique, c’est, au bout du compte, une impasse. Il faut donc revenir à des valeurs beaucoup plus humaines, locales et simples. Au niveau des écoles et collèges, nous voulons sensibiliser les jeunes à ces idées, leur apprendre à modérer leurs activités, à privilégier la consommation locale et biologique, à recycler les déchets, à limiter le transport automobile… Il faut donc ré-humaniser le mode de vie à l’échelon local. Parce qu’aller toujours plus vite, toujours plus loin et toujours plus fort, cela n’a pas de sens.

  

Quels espoirs nourrissez-vous pour les cantonales ?

Il y a deux ans, nous avions fait presque 4% des voix, et les Verts avaient fait environ 6,5%. Autrement dit, il y a un partage des voix des écologistes, ce qui est un peu malheureux. Notre objectif est donc de faire le même pourcentage qu’il y a deux ans. J’espère que les Verts feront autant sinon plus. Je sais qu’ils sont très en colère contre nous car ils s’imaginent être les seuls propriétaires de l’écologie. Même si nous n’avons pas la puissance ou la structure des Verts, il faut dire que l’écologie ne doit pas forcément être la proie des socialistes. Les Verts l’ont d’ailleurs longtemps payé. Ils ont été humiliés. Personnellement, je suis pour un front global des écologistes de toutes les sensibilités, mais malheureusement, tant que les Verts resteront dans leur sectarisme un peu simplet par rapport à nous, cela ne se fera pas, et c’est très dommage.

 

« Les Verts nous prennent pour des pestiférés »

  

C’est donc pour cette raison que vous présenterez des candidats de l’Alliance écologiste face à Europe-Ecologie-Les Verts ?

On avait négocié avec les Verts car ils ne sont pas nos ennemis en soi. Le seul problème, c’est qu’ils nous ont collé une étiquette d’ « écolos de droite », ce qui est un fantasme ahurissant. Cela vient peut-être du fait qu’un jour Brigitte Bardot a pris la défense des animaux ou a été condamnée par rapport à l’Aïd-el-Kebir, et que nous nous revendiquons nous-même aussi du côté de la défense animale. Il est facile de faire un amalgame, mais je trouve cela mesquin, minable et même inopportun et maladroit. Ils nous prennent finalement un peu pour des pestiférés. Nous avions organisé des réunions avec les Verts afin de présenter des candidats dans les cantons ayant le soutien global de tous les écologistes (Cap21, Alliance Ecologiste et Europe-Ecologie-Les Verts). Personnellement, je m’en réjouissais.

 

Mais cela n’a pas fonctionné…

Les Verts ont fait l’erreur de croire que nous bluffions et que nous n’étions pas capables de présenter des candidats. Comme nous nous étions engagés à ne pas nous présenter contre eux, ils ont voulu se présenter dans tous les cantons afin que l’on disparaisse. C’est affolant d’avoir une si mauvaise vision écologiste, même au niveau local. C’est une trahison vis-à-vis de nos accords verbaux. Ils ont eu un manque de clairvoyance politique locale, alors qu’il y a beaucoup de convergences dans nos idées.

 

Pourquoi soutenir les candidatures d’Eugène et Bernard Krempp (Cap 21, candidats dans les cantons de Gevrey-Chambertin et Auxonne) ?

Cap21, même s’ils se situent plus du côté du Modem, bien qu’ils en soient sortis, sont plus proches de nos idées. Ils ne sont ni de droite ni de gauche par rapport à l’écologie. Eux ne nous ont pas trahis par rapport à cette négociation.

 

Les candidats de l’Alliance Ecologiste Indépendante :

- canton de Dijon V : Jérome Gagniarre (36 ans, plombier chauffagiste) ; suppléante Nicole Pierre

- canton de Dijon VI : Christiane Estève (65 ans, retraitée du commerce) ; suppléant Fabien Robert 

- canton de Fontaine-les-Dijon : Roland Essayan (56 ans, enseignant) ; suppléante Renata Lallemand

- canton de Pontailler-sur-Saône : Patrick Muller (47  ans, agent GrDF); suppléante Pauline Terzulli

- canton de Mirebeau : Dominique Mauri (50 ans, agent d’entretien d’espaces verts) ; suppléante Arlette Vallet

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