Vente des Hospices : la cinquantième de Nuits !
Régis Laspalès, co-président de la 50eme édition de la Vente des vins de Nuits-Saint-Georges 
Moins «bling bling» que sa grande sœur beaunoise, la Vente des Hospices de Nuits-Saint-Georges a une histoire ancrée dans le terroir. Elle sera même une heureuse «quinqua» le 20 mars prochain.
« C’est vous qui voyez ! » Avec son timbre de voix si distinctif, le co-président de la 50eme édition de la Vente des vins de Nuits-Saint-Georges devrait ainsi saluer les acheteurs qui feront monter les prix. Si Régis Laspalès a été choisi pour incarner l’esprit de fête qui règnera au cœur de la côte viticole le 20 mars prochain, c’est parce que, mieux qu’un Diogène de bazar, il est tombé dans un tonneau de bourgogne tout petit.
Les vins de Laspalès
Originaire de Premeaux-Prissey, le futur héros du Dîner de cons croquait dès les premières heures de sa vie et à pleines dents les raisins de ses grands-parents. Il n’est pas rare, d’ailleurs, de le croiser encore dans un restau du coin ou à la boulangerie locale, tant il revient souvent chez «lui», dans la demeure que lui ont préservé les membres d’une famille amie, les Dubois. Le maire de Premeaux-Prissey, un Régis lui aussi, est non seulement le gardien de ses souvenirs, mais son domaine est celui qui signe les vins de propriété de Laspalès. Alors, l’humoriste goûte régulièrement avec émois le vin qui porte son nom sur l’étiquette. Du bourgogne, du nuits… Sa passion héritée du terroir, il la partage avec son vieux complice de toujours, Philippe Chevalier, avec qui il consommera les honneurs de la présidence le week-end prochain. Une fierté pour ce dernier qui a lui-même investi récemment dans quelques ares de Volnay. Le voilà contaminé jusqu’au fond du verre.
200000 euros d’excédents
Finalement, le duo colle bien à l’esprit de l’événement. Nuits n’est pas Beaune. Son histoire remonte pourtant à 1961. « C’est un rapport de la Cour des comptes qui a donné l’idée aux administrateurs de valoriser davantage la production viticole du domaine des hospices, sur le modèle beaunois, par la vente aux enchères » souligne Frédéric Fluchot, directeur délégué de l’hôpital. Il faut quand même reconnaître à l’appellation une notoriété insoupçonnée. Alain Cartron en est le premier supporter. Le maire de la ville rappelle qu’un « récent sondage mondial démontre que parmi les trois villes produisant du vin en Bourgogne, on cite Nuits mais pas Beaune. » Et toc !
Salon du chocolat et semi-marathon
Une bien belle idée que cette vente donc. Elle a rapporté en moyenne, au cours de chacune de ces cinq dernières années, près de 200000 euros d’excédents budgétaires. De quoi autofinancer une maison de retraite dans les années 90, effectuer de nombreux travaux et se projeter dans la rénovation de la cuisine et du site historique de l’hôpital. Ce domaine viticole (12,5 hectares) constitué par des dons depuis le XVIIème siècle, a le redoutable avantage d’être représentatif de la diversité de l’appellation. Ce qui encourage certaines grandes maisons, comme Bichot, à prendre place au premier rang des enchères. Jean-Marc Moron, le régisseur, a en effet bonne presse auprès des acheteurs. Un point essentiel de la réussite de la Vente.
A la différence de Beaune, 50 ans ou pas, Nuits ne fera pas appel à Christie’s pour faire monter la pression mais a choisi le cadre prestigieux du château du Clos de Vougeot. Avec sa bonne vieille bougie et sa rigueur d’homme de loi, Maître Héry sera aux commandes de l’affaire. Autour de l’événement central, Salon du chocolat et semi-marathon fêteront au pas de course le terroir. Un sacré week-end en perspective.
En partenariat avec Bourgogne Magazine. Par Dominique Bruillot.

















