La Commission Européenne tient la bride de la filière équestre
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En fin d’année, la TVA sur la filière cheval pourrait passer de 5,5 % à 19,6 %. Une mesure forcément mal accueillie par les professionnels du secteur qui craignent des licenciements de personnel.
Dans le monde du cheval, l’inquiétude galope dans les têtes des professionnels. La Commission européenne a décidé d’engager une procédure contre la France devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), lui reprochant un taux de TVA jugé réduit (5,5 %) concernant certaines opérations de l’activité équestre. A moins que le gouvernement ne parvienne à défendre son positionnement, la TVA passera dans quelques mois de 5,5 % à 19,6 %. Pour leur défense, les professionnels du secteur revendiquent que le cheval et l’équitation sont de purs produits de l’agriculture et qu’à ce titre, le taux de TVA devrait se maintenir à 5,5 %. L’argumentaire va-t-il convaincre ? Rien n’est moins sûr.
Des craintes de licenciement
Une perspective inquiétante pour les quelques 275 centres équestres de Bourgogne, les éleveurs et passionnés d’équitation. Gilbert Lecrivain, qui dirige le centre équestre de L’Etrier de Bourgogne, ne cache pas son inquiétude : « Avec 14 % d’augmentation, c’est sûr que les centres équestres souffriront, et les plus petits disparaîtront… Quand la TVA était descendue à 5,5 %, car appartenant au monde agricole, cela a permis de créer de l’embauche. Avec l’augmentation de la TVA, nous allons observer un effet inverse. Il y aura des licenciements. » La conjoncture économique actuelle n’épargnant déjà pas la filière équestre, l’augmentation de la TVA devrait se répercuter sur les adhérents et la clientèle… Conséquences, les tarifs des cours, les prix des pensions et des ventes de chevaux seront revus à la hausse. « Quelqu’un qui possède un cheval en pension paye 396 euros par mois. Et cela va augmenter de 14 %… Beaucoup risquent d’arrêter de monter à cheval et le prix des cours vont peut-être rebuter les gens… » craint Gilbert Lecrivain.
L’équitation populaire en France
Entre une licence (entre 100 et 150 euros en moyenne) et un budget matériel conséquent pour l’équipement du cavalier et de son cheval ; la pratique, qui s’était démocratisée, risque de redevenir un luxe. Outre l’entretien et l’alimentation des chevaux, plus coûteuse cette année en raison de l’explosion des prix du foin et de la paille, « ce sont les salaires qui représentent les charges les plus lourdes » assure Gilbert Lecrivain. Impossible de réduire les coûts pour l’entretien du cheval, même si « certains centres équestres travaillent avec des chevaux déferrés pour limiter les coûts », ce sont donc les employés qui risquent de trinquer… Dans le secteur du commerce de chevaux, où des sommes d’argent importantes sont échangées, certains pourraient être tentés de contourner la TVA en utilisant de l’argent liquide pour régler les transactions. « Il risque effectivement d’y avoir plus de fraudes, car des gens vont revenir à un système où ils paieront en espèces. Pour le commerce de chevaux, la répercussion de cette hausse de la TVA sera énorme. » La Fédération Française d’Equitation, qui a vu son nombre de licenciés augmenter de 374 % depuis 1984 (3eme fédération sportive en France), espère que la passion prendra le dessus sur l’argent. Et surtout que le gouvernement français se montrera assez persuasif pour inverser la tendance.
















