E. Razavi : « La chute d’Assad favoriserait les Frères Musulmans »

Emmanuel Razavi lors d'un reportage à Gaza (DR)
Collaborateur notamment d’Arte, M6 et Valeurs Actuelles, Emmanuel Razavi a publié plusieurs livres et réalisé de nombreux documentaires sur le Moyen-Orient. Pour lui, la chute du régime de Bachar El Assad ferait le beurre des Frères Musulmans, très influentes dans la région.
GazetteINFO.fr : Selon vous, pourquoi l’OTAN n’intervient pas en Syrie comme elle l’a fait en Libye ?
Si d’aventure les Occidentaux décidaient d’intervenir militairement en Syrie, le président syrien ferait en sorte d’embraser la région, à commencer par le Liban… Bachar El Assad a déjà promis un séisme aux Occidentaux. Toutefois, il doit également prendre garde. Car sa marge de manœuvre est réduite. Il est en effet pris en tenailles entre une vieille garde syrienne – composée de proches ou de sa famille – qui veut préserver ses intérêts, et le peuple. De mon point de vue, il ne pourra pas tenir très longtemps ainsi.
La chute du régime El Assad pourrait-elle favoriser les desseins des Frères Musulmans ?
S’il y a un réel désir des Syriens d’aller vers plus de démocratie, il ne faut pas être angélique ou naïf. Les Frères Musulmans représentent une force réelle dans toute cette région, malgré la terrible répression dont ils ont été l’objet en Syrie. Et vue l’avancée de leur mouvement en Egypte ou en Tunisie depuis le début de la révolution arabe, je serais tenté de répondre que la chute d’Assad risque de les favoriser.
Al Qaïda pourrait-il profiter de la situation en Libye et la proclamation de la charia pour s’implanter durablement dans ce pays ?
Je crois qu’Al Qaïda est la grande perdante de la révolution arabe. Avec la recrudescence de l’islamisme politique, Al Qaïda ne représente plus la même menace. En revanche, je suis plus circonspect sur d’anciens jihadistes proches du mouvement qui se posent en chantre de la démocratie en nous vantant les mérites de la charia. Charia et démocratie ne sont pas compatibles.
Le parti islamiste Ennahda en Tunisie est-il aussi modéré qu’il veut bien le laisser paraître ?
C’est à lui d’en faire la preuve. Mais la proximité de certains de ses leaders avec de hauts responsables de la branche la plus radicale de l’organisation des Frères Musulmans n’a rien de rassurant. Il faut donc rester extrêmement vigilant.
* Dernier ouvrage paru : les exilés, une chronique iranienne (éditions Mon Petitéditeur – 2010).

















On a installé l’ayatollah Khomeini en Iran il y a quelques années , on voit le résultat aujourd’hui .
MERCI
Bon courage a toi Amitiés
M.B.
point de vue en effet intéressant dans votre article, car on est tenté de penser à ce qui s’est produit en Iran il y a 30 ans.
A savoir abatre une dictature pour mettre en place une republique islamique ….on a vu le résultat…
Hassad n’st plus légitime, mais ceux qui viendront derrière, le sont-ils davantage?
Bref, un espoir de dmocratie est-il possible sans que les religieux s’en mêlent?