Société

Bourgogne : quelles orientations en matière d’infrastructures de transport ?

Comme en 2006, le Conseil économique, social et environnemental (CESER) de Bourgogne rendra son avis, le 9 décembre, sur les infrastructures de transports en Bourgogne, visant à favoriser la mobilité. François Berthelon, président du CESER de Bourgogne, évoque les projets qui seront portés par la deuxième assemblée.

 

 

GazetteINFO.fr : La crise actuelle a dû peser dans les choix de priorités du CESER… A quelle mesure ?

 

François BERTHELON : Il est difficile de l’évaluer. Il est certain que la crise frappe les collectivités territoriales et le Conseil régional ne fait pas exception à la règle. Le jour où nous allons rendre notre avis sur les infrastructures de transport, on va rendre un autre avis sur le budget primitif de la Région pour 2012. Je dirais qu’il y a énormément de choses qui seront concomitantes. Les questions d’infrastructure représentent un budget considérable au niveau du Conseil régional. On va surtout insister sur le fait qu’il faut se recentrer sur les projets essentiels. Certains projets ne sont pas essentiels dans la situation actuelle. On se pose par exemple des questions sur le projet du port de Pagny-sur-Saône. Est-il judicieux d’investir dans cette plateforme multimodale qui ne fonctionne pas suffisamment bien ? On a défini des priorités et expliqué qu’un certain nombre d’éléments doivent être mis de côté pendant un certain temps.

 

Quels sont les principaux projets engagés en Côte-d’Or ?

 

On vient de parler de Pagny-sur-Saône, dossier sur lequel nous allons prendre un peu de recul. Nous sommes à quelques jours de l’ouverture de la ligne TGV au Grand Est (LGV Rhin-Rhône) qui aura un impact sur la Côte-d’Or et sur la Bourgogne. Dans le sens où la Bourgogne devient une région frontalière. Nous serons à une heure à peine des frontières suisse et allemande, on se rapproche de la Belgique… Dijon devient une ville clairement tournée vers l’Est où il y a des marchés énormes et donc une potentialité extrêmement importante.

 

« Une desserte de Lyon catastrophique »

 

 

Connaissez-vous précisément les conséquences économiques directes et indirectes de la mise en service de la LGV Rhin-Rhône (mise en service le 11 décembre) ?

 

Pour chiffrer directement, c’est extrêmement complexe. C’est comme si vous me demandiez quelles seront les retombées des lignes aériennes qui vont arriver sur Longvic. Grâce à l’aéroport, les gens vont venir en Bourgogne pour y faire des affaires, notamment du sud de l’Angleterre, dont on connaît la richesse. On a une potentialité de ce que cela peut rapporter. On espère que le retour sur investissement sera largement supérieur à l’investissement. Au niveau de Longvic, ça devrait être très largement positif. Le retour n’est pas forcément sonnant et trébuchant, mais peut s’évaluer en termes de contact. On va permettre à des gens qui ne connaissent pas obligatoirement notre région ou qui avaient des difficultés pour s’y rendre d’y venir, de l’apprécier et pourquoi pas de s’y installer. La Bourgogne est bourrée d’attraits qu’il faut faire connaître.

 

 

Quels choix le CESER prône-t-il quant aux tronçons futurs de la LGV Rhin-Rhône ?

 

Je serai plus globale. L’une des recommandations majeures du CESER sera de terminer absolument le tronçon Est. Terminons cette cinquantaine de kilomètres, c’est essentiel pour la vraie fiabilité de cette zone Est. En ce qui concerne la partie Dijon-Montbard, la desserte Ouest du TGV, on sait que ça devient difficile. Le dossier de la gare Dijon-Porte-Neuve est mis de côté, comme l’a indiqué le président du Grand Dijon François Rebsamen. Cela ne veut pas dire que c’est abandonné mais on se concentre sur l’essentiel.

 

 

L’essentiel, c’est par exemple la modernisation de la ligne de la Bresse et de la ligne Dijon-Chalon-Mâcon-Lyon…

 

En effet, il faut spécialiser la ligne de la Bresse (Dijon – Bourg-en-Bresse – Ambérieu – Lyon) sur le fret et les infrastructures lourdes de façon à décharger la desserte Dijon-Chalon-Mâcon-Lyon qui, à défaut de devenir ligne TGV par le Grand Est, devrait nous permettre une meilleure desserte. C’est tout de même honteux qu’aujourd’hui on ait une desserte de Lyon aussi catastrophique. Modernisons ce tronçon qui pourrait devenir un tronçon à 200 km/heure. Cela mettrait Dijon à une heure à peine de Lyon.

 

 

 

Les choix du CESER pour la Bourgogne présentés le 9 décembre à la Région :

 

Les projets de long terme ou à l’avenir incertain :

 

- le projet LGV POCL (Paris-Orléans-Clermont-Lyon)

- le projet de canal Saône/Moselle – Saône/Rhin

- LGV Rhin-Rhône branche Sud (Dole – Bourg-en-Bresse – Lyon)

- LGV Rhin-Rhône branche Ouest (Genlis – Dijon – Montbard/Aisy)

- port multimodal de Pagny-sur-Saône

 

 

Les projets structurants engagés à achever :

 

- A 77 : au Sud de Nevers sur le tronçon Magny-Cours – Moulins – RCEA.

- RCEA : Mâcon – Chalon – Paray-le-Monial – Charolles – Moulins

- A 71 : mise à 2×2 voies intégrale

- LGV Rhin-Rhône Est : tronçons Petit Croix-Lutterbach à l’Est et Villers-les-Pots – Genlis à l’Ouest

- étoile ferroviaire de Paray-le-Monial et la régénération du réseau ferroviaire

- ports fluviaux de Chalon, Mâcon, Gron : poursuite des investissements portuaires

 

 

Les nouveaux projets structurants à soutenir :

 

- VFCEA (électrification Nevers-Chagny et raccordement TER/LGV à Montchanin) pour terminer la grande transversale Est-Ouest , notamment pour le fret

- Ligne de Bresse Dijon – Bourg-en-Bresse – Ambérieu – Lyon : modernisation et adaptation pour le fret, qui permettra de décharger la ligne Dijon-Chalon-Mâcon-Lyon

- Ligne Dijon-Chalon-Mâcon-Lyon : renforcement et modernisation Vitesse portée à 220 km/h pour accélérer les dessertes voyageurs.

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