Les guerriers du Pacifique s’exposent à Dijon
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Sébastien Joly, photographe professionnel, a réalisé un reportage de 90 minutes en immersion à bord d’un convoi militaire français et polynésien du 511eme régiment du train d’Auxonne. Du 18 au 22 janvier, il présentera sa première exposition de photographies à Dijon.
Photos Sébastien Joly.
C’est en découvrant des séquences vidéo de militaires polynésiens jouant du ukulele à la frontière irakienne en 1991, au milieu de nulle part, que Sébastien Joly est tombé sous le charme de guerriers pas comme les autres. Immédiatement, il imagine un futur documentaire, mais cette fois-ci en Afghanistan où des Polynésiens se battent pour la France. Après avoir suivi leur quotidien en France, il part rejoindre le 511eme régiment du train d’Auxonne en terre afghane pour deux mois. Le même que son grand-père avait servi comme réserviste ! Durant deux mois, caméra sur l’épaule, il a suivi le quotidien du convoi militaire polynésien chargé de la logistique des forces de l’armée française ; c’est-à-dire acheminer des munitions et des vivres aux troupes qui sont au front. « J’ai passé deux mois avec eux 24h/24h, explique-t-il. J’ai des séquences vraiment atypiques et pleines d’intimité et d’humanisme. J’ai quelques scènes d’action, mais les militaires du 511eme régiment du train ne sont pas au front. Cependant, ils traversent des districts assez dangereux, et nous nous sommes retrouvés dans des situations chaudes. Heureusement, le régiment n’a subi aucune perte, ni blessé. »
En cette année de l’Outre-mer, Sébastien Joly a souhaité, à travers son documentaire « Aito » (guerrier en tahitien), rendre hommage aux militaires polynésiens servant dans ce régiment « qui laissent derrière eux familles et amis » pour servir l’armée française. « Mon documentaire n’est pas un film sur la guerre, mais sur les hommes qui la font. Là, ce sont les Polynésiens. Cela donne un autre regard sur l’armée et sur ces hommes qui ont fait plus de 20000 kilomètres pour défendre la paix. J’ai trouvé ça vraiment touchant. » Dans la région de Kaboul, jour après jour, Sébastien Joly peut évaluer les difficultés des autochtones et rendre compte des réalités d’un pays en guerre.
« Juste la vie, leur vie… »
Mais ce qui l’a marqué durant ce séjour à leur côté, c’est « leur joie de vivre malgré le conflit » : « Ils ont le yukulélé au fin fond des vallées d’Afghanistan et réussissent même à faire des repas tahitiens. Ils se sont trouvés un cochon en Afghanistan, ce qui est assez incroyable, et l’ont fait cuire sous terre avec des légumes ! Ils ont organisé une fiesta dans le camp de Warehouse ! » raconte-t-il des souvenirs plein la tête. Dans ce reportage, pas de sensationnel ni de scénarisation, simplement l’intimité, la simple réalité : « C’est un film sans poudre aux yeux, pas d’orchestration musicale pour amplifier les émotions, juste la vie, leur vie… » Enthousiaste sur cette expérience vécue aux côtés des Aito, Sébastien Joly envisage un nouveau déplacement pour, cette fois-ci, poser son regard sur les populations locales.
En attendant, il cherche à financer son documentaire de 90 minutes, ce qui n’est pas une mince affaire. Après une première exposition photographique à Besançon fin novembre, il présente son travail en mairie de Dijon du 18 au 22 janvier (salle de la Coupole, 1, rue Sainte-Anne à Dijon, de 8 à 19 heures). Une exposition, soutenue par le site du National Géographic, à ne pas manquer.
En savoir plus : http://www.sebastienjolyphotography.com/.
















