Sport

Abdoulaye Bamba : « Je vise le Mondial 2014 au Brésil »

Abdoulaye Bamba nourrit de hautes ambitions (Photo Eric Capelli)

Parmi les révélations de Ligue 1 au poste de latéral, Abdoulaye Bamba n’est jamais rassasié. Privé de Jeux olympiques, l’Ivoirien s’est fixé l’ambitieux et séduisant objectif de participer à la Coupe du monde 2014 au Brésil.

 

 

GazetteINFO.Fr : Défait à Lyon (3-1), le DFCO n’est toujours pas parvenu à vaincre une équipe de haut de tableau. Quel est l’ingrédient manquant pour y parvenir ?

 

Abdoulaye BAMBA : Nous sortons de ce match avec des regrets. En première mi-temps, ils ont eu le monopole du ballon. En seconde période, nous sommes rentrés à fond sur la pelouse et nous leur avons posé des problèmes. Nous sommes tombés sur un phénomène, Gomis, capable de marquer des buts incroyables… Franchement, il ne manque pas grand-chose. Je pense que le facteur clé est l’expérience. Contre les équipes de notre niveau, nous avons des résultats. Nous ne savons pas encore gérer totalement ces matchs contre les équipes du haut de tableau. C’est compliqué d’être concentré du début à la fin. Je pense que nous devons nous améliorer sur nos entames de match, où nous sommes encore trop timorés.

 

 

Quel regard portez-vous sur les recrues de l’intersaison ?

Je pense qu’il s’agit de bons renforts. Je pense notamment à Zié Diabaté qui n’a pas trop de mal à s’intégrer. Quant à Gaël Kakuta, il est impressionnant. Bernard Kumordzi est également un excellent joueur. Ces arrivées sont positives.

 

 

Vous évoquiez le phénomène Gomis. Quels attaquants vous ont le plus impressionné en Ligue 1 ?

Le championnat de France est constitué de joueurs de très haut niveau. Je suis nouveau en Ligue 1 donc je réalise un rêve en jouant contre des footballeurs reconnus dans le monde entier. Face à eux, on acquiert de l’expérience. Des joueurs comme Gomis (Lyon), Giroud (Montpellier) ou Pastore (PSG) sont redoutables.

 

 

« J’ai énormément progressé à Dijon »

 

 

Et lors de votre passage à la Juventus de Turin, quel joueur sortait du lot ?

Le joueur que tout le monde admire à Turin, c’est Alessandro Del Piero. Il est trop fort ! C’est un exemple par son humilité et sa gentillesse. Lorsque je m’entraînais avec les professionnels, il me donnait régulièrement des conseils. C’est quelqu’un de très accessible.

 

 

Rêvez-vous de retourner un jour sous le maillot de la Vieille Dame ?

J’ai de l’ambition, donc mon souhait est de pouvoir un jour quitter Dijon pour rejoindre une équipe de très haut niveau. La Juventus de Turin en fait partie. J’aime beaucoup l’équipe actuelle de la « Juve » qui joue bien au ballon. Sinon, j’apprécie le football offensif des championnats anglais et espagnol.

 

 

Régulièrement titulaire cette saison, vous attendiez-vous à confirmer au plus haut niveau ?

Je suis satisfait de ma première partie de saison. Mais je dois remercier le coach qui m’a donné énormément de conseils, sans jamais me cacher ce qui n’allait pas… J’ai énormément progressé en ayant eu la chance d’avoir un temps de jeu conséquent. Il y a deux ans, j’évoluais avec la réserve de la Juventus et je ne pensais pas, alors, pouvoir jouer aussi rapidement en Ligue 1. Aujourd’hui, je travaille beaucoup pour m’améliorer défensivement. C’est un cap que je dois franchir. J’ai envie d’aller loin avec cette équipe et j’espère que nous atteindrons notre objectif du maintien.

 

 

D’où vous vient cette qualité de centre ? Pas trop frustré de ne pas pouvoir l’exploiter davantage ?

C’est sûr qu’il est un peu plus compliqué de monter cette année en Ligue 1 car il faut rester vigilant défensivement. À la Juventus et en Ligue 2 la saison passée, je pouvais être plus offensif. J’ai beaucoup bossé sur ma qualité de centre car je sais que je peux être décisif. Il est vrai que j’ai cette facilité de bien centrer.

 

 

Vos performances en France sont-elles beaucoup relayées en Côte-d’Ivoire ?

Les journaux parlent un petit peu de moi mais je ne suis pas encore très connu. C’est ma première saison en Ligue 1… Là-bas, ils me voient quand nous jouons des gros matchs comme Paris, Marseille ou Lyon.

 

 

« Le football capable d’unir les peuples africains »

 

 

Vous n’avez pas été sélectionné pour la Coupe d’Afrique des Nations 2012. Ce n’est que partie remise…

Je sais que je suis encore jeune pour figurer dans l’équipe A de la Côte-d’Ivoire, mais j’ai de l’ambition. Je vais travailler dur pour participer à la prochaine CAN et surtout pour la Coupe du monde 2014. Je me prépare pour atteindre ces objectifs. J’espère continuer sur ma lancée et j’attendrai mon heure.

 

 

La qualification pour les Jeux olympiques a échappé sur le fil à la sélection ivoirienne…

Plusieurs joueurs professionnels évoluant en Europe, dont je fais partie, n’ont pas pu se déplacer pour disputer un match décisif contre le Gabon (défaite 3-1). Nous avions pourtant réalisé un gros parcours jusque là… C’est vraiment dommage.

 

 

Pour le moment, la Côte-d’Ivoire réalise un sans-faute (en poules, trois victoires, 5 buts marqués, 0 encaissé) à la CAN. Cette année, c’est la bonne ?

Ils ont réalisé un beau parcours en ne prenant aucun but en poules. Il faut que le groupe poursuive sur le même état d’esprit. Les spécialistes sont tous d’accord pour dire que la Côte-d’Ivoire possède des individualités extraordinaires, mais le groupe n’était pas assez uni par le passé. Cette année, cela a changé et on sent qu’ils sont vraiment déterminés pour aller au bout.

 

 

Plusieurs sélections phares comme le Cameroun ou l’Égypte sont absentes de ce rendez-vous. Est-ce le signe d’un football africain en progression ?

Le fait de voir de grosses équipes ne pas se qualifier, le Sénégal et le Maroc se faire sortir dès les poules, cela prouve que les sélections autrefois plus modestes (Soudan, Zambie…) sont devenues meilleures. Elles se sont développées et ont envie de se montrer. C’est pourquoi je pense que le football africain continue son évolution.

 

 

Pouvez-vous nous expliquer à quel point le football est important en Afrique ?

En Afrique, durant la CAN, le football est capable de regrouper tout un peuple. En tant que joueurs, c’est une fierté de porter le maillot de notre pays. Toute l’année, on assiste à des conflits ethniques, mais au moment de la CAN, tout le monde est uni. Le football est capable d’unir les peuples africains.

 

 

Le 7 février, le DFCO retrouvera le Paris Saint-Germain en huitième de finale de la Coupe de France. Satisfait de ce tirage ?

Quoi qu’il arrive, il fallait bien que l’on tombe sur une grosse équipe, au moins au prochain tour… Et c’est toujours positif de jouer des matchs de gala. Personnellement, je suis content car cela nous amène à progresser, à gagner en maturité. Affronter le PSG, ce n’est que du bonheur. Face à de grands joueurs, on apprend énormément.

 

 

Que pensez-vous de la politique de recrutement du PSG cette saison ? La Ligue 1 ne risque-t-elle pas de se retrouver déséquilibrée ?

Depuis que les Qataris sont là, tout est fait pour construire une super équipe. J’espère que ça va fonctionner pour eux. Quand un club fait venir autant de bons joueurs, cela ne peut être que bénéfique pour le championnat de France.

Revenir en haut de page

Laisser une réponse

Votre nom :
Votre email :
L'email de votre ami :
Votre message (facultatif) :
  • Mots clés

  • Revenir en haut de page