Tourisme

Dijon / Parcours de la Chouette : des traductions aléatoires

Vendredi 16 mar 2012 à 09:03 | Par Rédaction
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Le Parcours de la Chouette est traduit en plusieurs langues

 

 

Avec un patrimoine historique et culturel très riche, la ville de Dijon attire de nombreux étrangers. Pourtant les différentes traductions de l’un de ses guides touristiques restent très aléatoires.

Article rédigé par Darya Bachevskaya

 

 

Chaque année, Dijon accueille 300 000 touristes. 40 % d’entre eux sont des touristes étrangers. Un des moyens pour découvrir la ville : suivre le parcours de la chouette traduit en plusieurs langues. Malheureusement, dans ces textes se sont glissées de nombreuses approximations et erreurs. La Gazette a demandé à des natifs anglais, allemands, et russes de jouer le rôle de professeurs de langues et de les relever. L’une des difficultés principales : traduire les chiffres. Dans les trois versions on trouve des contresens avec le guide français. Pour commencer, la version anglaise. On peut y lire que le bâtiment du théâtre date de début du XXe siècle. En fait, sa construction date de 1828… Les guides allemands et russes estiment que Notre-Dame fut construite au XIIIe siècle. Pourtant dans les livres en français et en anglais on apprend que c’est un « chef d’œuvre de l’architecture bourguignonne du XIIe siècle ». En réalité, sa construction a débuté dans les années 1220, soit au XIIIe siècle…

 

Des accents en anglais

 

Autre imprécision, cette fois dans le guide allemand. Ce dernier invite à visiter deux bâtiments : l’hôtel Aubriot et l’hôtel Chambellan. Mais, les deux, dans le guide, se trouvent à la même adresse : 40, rue des Forges… L’hôtel Chambellan est situé au 34, rue des Forges. Au-delà des coquilles, les langues sont parfois malmenées. Ainsi, du « franglais » apparaît dans le guide britannique. On trouve de temps en temps des accents : « muséeum » ou « cathédral ». Parfois, la traduction est hasardeuse. Par exemple : « C’était Philippe le Bon qui était coupable de la construction du logis et de la Tour de la Terrasse » (traduction de l’anglais, ndlr). Ou encore dans le guide russe : « Apres la reconstruction par Philippe le Hardi, il [le palais des ducs] fut décoré avec les Ducs » (traduction du russe, ndlr). Mais l’imagination ne s’arrête pas là. Les traducteurs russes ont su inventer le « sculpteur Lagoul », qui aurait créé les gargouilles de Notre-Dame. Pourtant son nom ne figure nulle part. Alors que dans les autres versions, il est précisé que sept sculpteurs ont œuvré sur ces gargouilles. Et leurs noms ne sont pas communiqués… La créativité russe ne connaît pas de frontières. Louis de Funès est rebaptisé Line de Funès… Sauf que l’acteur français reste très populaire du côté de Moscou et en l’appelant Line, son prénom prend une sonorité chinoise. Le traducteur russe ne s’arrête pas en si bon chemin. « La salle des pas perdus » du palais de justice, devient… rien du tout… puisque seuls les mots « des pas » sont traduits. Le reste étant des mots inventés de toutes pièces.

 

Louis de Funès rebaptisé Line de Funès

 

Eléonore Bonnard, responsable de l’office de tourisme de Dijon, tombe des nues : « Je suis vraiment stupéfaite. C’est un guide qui existe déjà depuis dix ans. Nous n’avons jamais reçu de plaintes. Par contre, le retour des touristes a été excellent. » Elle explique ensuite que « les traductions ont été commandées à des organismes professionnels spécialisés. Cela a coûté cher ». Toutefois, malgré sa surprise, elle espère que cela ne réduira pas à néant tout le travail de l’office de tourisme de Dijon mené depuis des années. Beaucoup de pistes ont été explorées pour développer le tourisme à Dijon. C’est un secteur économique très important faisant vivre les hôteliers, les restaurateurs, ou encore les musées. Selon les chiffres de 2010, 60 % des touristes venus à Dijon sont des français et 40 % sont étrangers. Parmi eux 15 % sont anglais, suivis par les Allemands et les Asiatiques. Tout ce petit monde prêt à débourser 3,50 euros pour découvrir un Dijon inconnu des Dijonnais eux-mêmes !

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8 commentaires sur “Dijon / Parcours de la Chouette : des traductions aléatoires”

  1. par CAIRE

    Si en dix ans les personnes ne controlent pas leur travail ainsi que celui de leurs sous traitants, ceci révèle un « haut » niveau de compétence et de professionnalisme………………….

  2. par Franz

    Au cours de mes voyages touristiques, j’ai en effet remarqué qu’en France, les guides en langues étrangères (pour l’anglais et l’allemand que je connais) ont souvent des fautes, des coquilles et ça fait mauvais effet auprès des touristes qui railleront peut-être le mauvais niveau en langues étrangères des Francais! Ne pas avoir remarqué ces fautes en 10 ans, oui, comme CAIRE, je dirais que ce n’est pas du tout sérieux. Et en plus, ils ont fait payer ça à des organismes spécialisés qui demandant des tarifs très élevés… Dijon est une ville étudiante, ils auraient donné ce travail à un groupe d’étudiant sous la direction d’un professeur en échange d’une bonne table et d’un panier garni, le résultat aurait été meilleur et bien moins cher!

    • par M.

      C’est aussi valable pour les guides français à l’étranger.

      • par Franz

        Je trouve tout de même que les guides en français que je peux trouver en Allemagne sont de meilleures qualités… Faire traduire des guides et à aucun moment demander à des natifs de les lire pour en vérifier le sérieux, c’est vraiment de l’amateurisme (pour l’entreprise qui s’est chargé de la traduction) et de la légèreté (de la part de la ville qui paye sans vérifier la qualité du travail). De toute façon, à l’image d’un pays où les langues étrangères ne sont pas une spécialité!

  3. par Brigitte Bacheley

    ET LES anglais, IL N’ON PAS LE DROIT AU A MAJUSCULE!!!

  4. par Denis

    Ils ne sont pas efficaces pour la traduction d’un guide, et ils veulent diriger la France, vous voyez ce qu’ils vont faire de notre argent !

    • par Franz

      Vous voulez parler des socialistes et de la campagne? Je ne vois pas le rapport, vous dites vraiment n’importe quoi. Ce n’est pas Sarkozy (recalé de Sciences Po pour de mauvaises notes en anglais!) qui ferait mieux! Et François Rebsamen n’est pas le responsable de la traduction d’un guide touristique. Ses responsabilités ont des limites. Commentaire pitoyable…

  5. par Gaelle

    Et si, au lieu de donner la traduction à des « natifs » ou des professeurs, on donnait les traductions à de vrais traducteurs professionnels, membres de la Société Française des Traducteurs, par exemple, et spécialisés dans le domaine de l’histoire ou du tourisme? Beaucoup moins cher que de passer par de multiples intermédiaires et beaucoup plus efficaces que des professeurs ou des étudiants… chacun son métier…

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