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Décès de Margaret Thatcher : la crise en héritage

Lundi 08 avr 2013 à 15:04 | Par Amandine Chauve
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(Photo d'archive - DR)

(Photo d’archive – DR)

La Dame de fer est morte à l’âge de 87 ans, indiquait ce lundi matin son porte-parole. Denis Clerc, fondateur du mensuel Alternatives Economiques, revient pour GazetteINFO.fr sur onze années passées à la tête du gouvernement britannique.

 

 

GazetteINFO.fr : Souvent commentée, imitée ou décriée, comment résumer, à l’heure de son décès, la politique de Margaret Thatcher ?

Denis Clerc : Je dirais que l’on peut synthétiser les choses ainsi : une réussite économique incontestable, et une catastrophe sociale.

 

En quoi consiste son héritage ?

A l’heure de tirer la leçon de son parcours, il faut dire qu’elle a tout de même été à l’origine de la crise financière de 2008. C’est elle qui a enclenché le mouvement de libéralisation de la finance, certes dans un premier temps au bénéfice de l’Angleterre, puisque La City représente presque 10 % des emplois au Royaume-Uni. Le problème est que cette prospérité financière s’est ensuite accompagnée d’une libéralisation qui a rendu la finance folle. Et cette folie a directement conduit aux résultats que l’on sait.

 

C’est pourtant aux Etats-Unis, et non en Angleterre, que la crise s’est d’abord déclarée ?

Oui, simplement parce que les Etats-Unis se sont très fortement inspirés de la politique de Margaret Thatcher, qui s’est largement diffusée au-delà des frontières britanniques, notamment en ce qui concerne la finance. Sa politique financière a été entièrement reprise par le président Reagan et ses successeurs. Et c’est d’ailleurs à partir de ce moment qu’on a vu les innovations financières devenir de plus en plus sophistiquées. Plus personne n’y comprenait rien, et tout le monde se disait : « c’est merveilleux ! » Le résultat, en bout de course, aura été la crise de 2008.

 

Est-ce que la politique économique menée Margaret Thatcher au cours des années 1980 pourrait fonctionner aujourd’hui ? Si cette dernière arrivait au pouvoir en 2013, aurait-elle autant d’efficacité?

Il est très difficile de se projeter de la sorte. Ce qui est certain, c’est que les obstacles que Margaret Thatcher a su lever lors de son arrivée au pouvoir en 1979 ne sont plus d’actualité. C’en est fini du syndicalisme trop fort et jouant, au Royaume-Uni, un rôle conservateur considérable. C’en est fini aussi d’un système scolaire fonctionnant mal, et comptant à peine 400 000 étudiants…A ce propos, il faut le reconnaître, l’université anglaise a pu grandement s’améliorer grâce à Margaret Thatcher. Mais, désormais, les problèmes sont autres. Jusqu’où peut-on aller en matière de libéralisation, et en particulier en matière de libéralisation économique ? Faut –il que l’Etat revienne, et sous quelle forme ? Face à ces questions qui secouent la société, Margaret Thatcher aurait été incapable d’apporter une réponse adéquate. Son credo, jusqu’à la fin : tout pour le marché, rien pour l’Etat.

 

 

 

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6 commentaires sur “Décès de Margaret Thatcher : la crise en héritage”

  1. par Papou9

    Je n’aimais pas Mme Thatcher mais c’est curieux de lire qu’elle est responsable d’une crise démarrée aux Etats-Unis 18 ans après la fin de son mandat ! Bush (le fils) n’avait pas besoin d’y faire référence pour faire n’importe quoi…

    En même temps, en choisissant de s’adresser à Denis Clerc, la Gazette était sûre de ne pas recueillir un vibrant éloge funèbre d’une ultra-libérale !

  2. par françois

    oui l’interview est à peine orienté
    je pense plutôt que si tous les hommes politiques avaietnt fait comme elle on n’en serait pas là

  3. par ratel

    et bien la Baronne à rejoint ce bon st Pierre, je pense qu’il sera juste pour une punition vis à vis des plus pauvres qu’elle à évincées avec mépris!!!!

  4. par Jean-Camille

    Comment peut-on laisser dire ,,voir écrire des mots aussi crus ,déplacés et qui n’ont rien à faire avec le décès de Mme THATCHER.
    Tout le monde se contente de dire du mal.
    Demander a Mr Lech WALESA qui lui estime que cette dame a été très déterminante pour enrayer le communisme en pologne.
    Oui Papou,la gazette je suis d’accord avec vous Mr CLERC n’est pas le mieux placé pour écrire cet article .

  5. par jo

    a hurler de rire tous vos propos …
    paix à son âme …..

  6. par PETITE Jean

    Où en serait l’Angleterre aujourd’hui si Mme Thatcher ne s’était pas attaquée aux conservatismes notamment syndicaux?
    C’est vrai que toutes ces réformes ont eu des des effets catastrophiques pour certaines populations.Mais ne fallait-il pas en passer par là ,pour redonner à l’Angleterre son rang de grande nation politique et économique, qu’elle avait perdu. Aujourd’hui ce pays attire tous les jeunes du monde et notamment français qui veulent entreprendre.N’est-ce pas un signe de dynamisme et de confiance en l’avenir retrouvé? Le contraire de chez nous en France!
    La principale qualité qu’il faut lui reconnaître et qui fait aujourd’hui cruellement défaut dans la classe politique actuelle: c’est le courage politique,courage qui fait fi des fluctuations de l’opinion publique tellement versatile, qui permet d’inscrire son action dans la durée.

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