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L’affaire Kirili, ou l’oeuvre d’art détruite par l’université en 1999

Mardi 29 juil 2014 à 15:07 | Par Rédaction
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Le maire de Hayange a décidé de repeindre en bleu une fontaine. Jusque là, rien d’anormal, sauf que c’était une œuvre d’art. L’artiste n’a pas été prévenu. A Dijon aussi, une œuvre avait été maltraitée par l’université, en 1999.

 

 

En matière d’art contemporain, la mairie de Hayange, conduite par le FN, a bien des soucis. Elle a changé la couleur de la fontaine qui orne la place, passant du blanc au bleu. Pas de bol, c’était une œuvre d’art d’Alain Mila. L’artiste n’a pas été prévenu, la polémique enfle. Depuis, Fabien Engelmann a proposé à l’artiste de lui revendre son œuvre, avec cet argument massue : « on lui fera un prix » (France Info, 29/7).  Aurélie Filipetti, ministre de la culture, lance un appel à la vigilance sur Twitter.

 

 

 

En 1999, le campus dijonnais avait aussi fait l’amère expérience de détruire l’œuvre d’un artiste. Des travaux étaient programmés, mais des cailloux de plusieurs tonnes gênaient la bonne marche des opérations. L’université fait place nette. Le Calvaire d’Alain Kirili est tout simplement détruit. Il faisait pourtant partie du paysage depuis de nombreuses années.

 

 

Retour en 1992. Alain Kirili, sculpteur, participe à l’aménagement du campus dijonnais. Plusieurs œuvres d’art sont commandées à cette occasion. Lui propose Calvaire, des blocs de pierre rose issus des carrières de Nuits-Saint-Georges.  Disposés sur le campus, les œuvres ne dérangent personne. Jusqu’au jour où doit se préparer une exposition à Paris. Le sculpteur doit y présenter l’œuvre dijonnaise. Mais surprise,  le Calvaire de Kirili a disparu. « [l’œuvre] repose en paix, sous forme d’un tas de gros cailloux, au fond d’un petit ravin », relate François Marmande dans le Monde (10/5/2000). Bon joueur, Alain Kirili reforme une autre œuvre, cette fois-ci appelée « Improvisation Tellem ». Ce sont 14 blocs de pierres brutes qui siègent toujours sur le campus.

 

 

En 2014, l’université s’est bien rattrapée en matière d’art contemporain. Il faut dire que la législation l’aide bien, puisque les universités sont soumises au « 1% artistique ». Quand un bâtiment public est construit, le maitre d’œuvre doit consacrer 1% de son budget à la création d’une œuvre spéciale. L’exemple le plus récent est la maison des sciences de l’homme. Depuis 2013, le bâtiment accueille une œuvre baptisée Liquid Knowlege, composée de stores vénitiens, symbolisant « l’ouverture symbolique entre les disciplines académiques ». De quoi en instruire plus d’un…

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7 commentaires sur “L’affaire Kirili, ou l’oeuvre d’art détruite par l’université en 1999”

  1. par vjc

    Le véritable scandale, ce n’est pas d’avoir utilisé ces blocs de pierre pour remblayer un ravin, au moins cela a servi à quelque chose, mais bien d’avoir payé quelques centaines de milliers d’euros de ce fameux 1% (des deniers publics) à cet « artiste » sans aucun talent particulier mais certainement proche de quelqu’un de bien placé… Comme d’hab !

    Ce fameux 1% qui au départ partait d’une bonne intention, embellir les nouveaux édifices, ne sert le plus souvent qu’à « commander » des horreurs à des artistes fumistes désœuvrés qui ont bien compris le système et ne vivent que grâce à ces subventions venues du ciel, enfin de nous… leur plus gros travail étant de trouver un nom ronflant à leur insipide bébé pour faire baver les gogos.

  2. par abelle

    je cherche encore le chef d’oeuvre, il a été enlevé non???

  3. par Felix robin

    Mais qui êtes vous vjc pour avoir un tel jugement péremptoire ? Quel suffisance de bourin (bourgeois ringard) se cache derrière votre acronyme, qui semble-t-il, comporte un ‘j’ de trop ?

  4. par Damien

    @vjc : bien dit bravo.

  5. par L’EMMERDEUSE

    AH BON ELLE PARLE LA MINISTRE DE LA CULTURE
    ELLE SAIT CE QUE C’EST UNE OEUVRE D’ART?
    BON IL RESTE À LUI EXPLIQUER…TOUT LE RESTE!

  6. par Un PereTinant

    Nous oublierons volontiers ( par courtoisie et non par mépris ) le jugement à la limite de l’ordure de Felix robin pour rebondir sur le commentaire de L’EMMERDEUSE .
    En effet, il me vient une sombre pensée sous forme d’une interrogation :  » Mais enfin, ..pourquoi, mais pourquoi donc , la presse, la mairie, l’université ne veulent pas nous communiquer le coût réel de cette « œuvre » au lieu de se réfugier derrière l’indicateur du 1% prévu par la réglementation.
    Otez-moi d’un doute :  » voudrait-on dissimuler quelque chose de blâmable, scandaleusement onéreux, pour effacer la médiocrité de la réalisation ? ? ?  »
    Au fait, pour info, je ne crains pas la volée de bois vert que va susciter mon commentaire…citoyen-cochon de payant .

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