Achats alimentaires : Pourquoi les français consomment-ils plus ?

Achats alimentaires : Pourquoi les français consomment-ils plus ?

Face à la crise sanitaire du Covid-19, certains comportements généraux des ménages français peuvent surprendre. Notamment dans leur manière de consommer et de faire leurs courses. Les sommes dépensées dans les super-marchés, hyper-marchés, et plus spécialement sur les sites de drive et de livraison, ont doublé comparativement à la même période, l’année dernière. Le confinement pousserait-il à davantage manger, ou est-ce la simple peur qu’une pénurie fasse rage ?

La peur de manquer

Vous souvenez-vous des toutes premières images des journaux télévisés ou dans les journaux papiers au premier jour des mesures de confinement drastiques, le 16 mars 2020 ? Plus un paquet de pâtes dans les rayons, plus de paquets de papiers toilettes, les rangées de farine, de sauce tomate, de crème, de beurre ou encore de fromage râpé dévalisées. Une consommation exponentielle en à peine quelques jours, alors que les grandes enseignes se sont toutes voulues des plus rassurantes : pas de pénurie à l’horizon.

Pour autant, la peur de manquer, la peur de ne pas avoir ce qu’il faut dans le garde-manger si la crise venait à se durcir, a été la toute première crainte pour les ménages français. Une consommation alors record encore aujourd’hui constatée, plus par peur, mais davantage par habitude de se rationner en masse.

Acheter massivement pour limiter les sorties

En cette période de confinement, les ménages français n’ont jamais eu autant de temps libre, mais sans véritablement savoir comment l’occuper. Le chômage partiel, l’obligation d’une attestation de déplacement, le défilé de masques et de plaques de plexiglas aux caisses des pharmacies, tabacs-presse ou encore super-marchés, n’incitent pas vraiment à sortir quotidiennement pour se réapprovisionner.

Les aides de l’État auprès des entreprises comme des particuliers, la mise en place de prêt personnel avec échéances à long terme, ainsi que les primes annoncées pour de nombreux professionnels en première ligne, semblent inciter à davantage consommer. Un pouvoir d’achat ainsi très nettement en hausse, mais avec des commerces qui restent fermés, c’est alors dans l’alimentaire que ce surplus est dépensé. Pour acheter du champagne, du foie gras ? Non, davantage de rations avec toujours cette crainte que le confinement n’est pas prêt de se terminer.

Certains grossistes alimentaires s’ouvrent aux particuliers

En observant ces pics de consommation dans l’alimentaire rarement constatés au cours des dernières années, et en mal de clientèle, notamment dans la restauration professionnelle, les grossistes ont ouvert leurs portes aux particuliers. De nombreuses enseignes se présentent désormais comme des hyper-marchés avec des offres promotionnelles jamais vues, à condition d’acheter en gros. Cette initiative a pour seul objectif de limiter les pertes encourues pendant cette crise du Covid-19.

À Aurillac, en Auvergne-Rhône-Alpes, Promocash est devenu un hyper-marché de plus en plus fréquenté. Fabrice Gros, le gérant interviewé par lamontagne.fr assure que cette initiative a pour objectif de limiter les pertes financières, mais également alimentaires. Et dès lors que les stocks aux dates de péremption approchent sans forte demande de la part des clients, ce sont des dons aux associations caritatives qui sont réalisés par Promocash. Les banques alimentaires elles-aussi connaissent des pics de fréquentation jamais vues depuis leurs créations. Et cette tendance n’est pas exclusivement française, mais bel et bien mondiale.